(Cette historique chronologique a été écrite par le Père Edouard Bussière)

1890
C'est le 8 juin 1890 que l'archevêque de Montréal, Monseigneur Charles-Édouard Fabre, accueillait en son diocèse, en la personne du Père Albert Tesnières, supérieur général, la Congrégation des Religieux du Très Saint-Sacrement.
Guidé par un ami de longue date, Monsieur André-Mathurin Brisset des Nos, importateur de vins venu de Paris s'établir à Montréal avec sa famille en 1886, le Père Tesnière a repéré une maison en pierre sur l'Avenue du Mont-Royal et, en moins de quatre jours, conclu une entente avec son propriétaire Joseph Barré, marchand de vins, père de l'artiste créateur Raoul Barré. Dans le même temps, le curé de Saint-Jean-Baptiste, l'abbé Magloire Auclair, consent de bonne grâce à accueillir la nouvelle communauté.
Le contrat d'achat est signé le 23 juin 1890 avec messieurs Joseph Barré et Henri Brosseau qui cède quelques lots sur la rue Berri; le tout, comprenant un terrain de 42 000 pieds carrés avec maison en pierre, pour la somme de 15,000 $. Les coûts sont assumés par deux bienfaiteurs insignes: mademoiselle Marie Hébert de La Rousselière, belle-soeur de M. André Brisset des Nos, et M. Louis-Alexandre Seers, père d'Eugène.
Enthousiaste, le Père Tesnière écrit : « L'immeuble est situé : 50 avenue Mont-Royal (actuel 514), à l'extrémité nord-est d'un vaste plateau sur lequel se porte le mouvement presque vertigineux de constructions nouvelles qui promet à Montréal de devenir avant peu l'une des plus belles villes du Nouveau Monde. »
Une petite communauté formée de sept religieux, quatre pères et trois frères, dirigée par le Père Louis Estévenon, occupe la maison Barré le 27 octobre 1890; une communauté choyée dès le premier jour. Leur action est soutenue par un comité de dames qui pourvoit à sa subsistance et à l'organisation des diverses activités; on accourt de partout.
l892
L'affluence est telle qu'au bout d'un an on songe à bâtir une grande église. L'élan est donné. Un groupe d'hommes s'offre pour garantir les engagements financiers. Les « pieds-noirs » du Côteau Saint-Louis apportent 150 charriots de pierres tirées des carrières du Mile-End. Le 15 mai 1892, Mgr Fabre bénit la première pierre de ce temple, oeuvre des architectes Jean-Baptiste Resther et fils qui, au fil des ans, recevra sa décoration de la main des artistes T.X. Renaud, Georges Delfosse et Narcisse Poirier. Le temple fut inauguré le 23 décembre 1894. Cependant dès février 1893 les pères avaient pu occuper les chambres réparties sur trois étages en façade.

